ARC EN CIEL 104

Bonjour à tous,
Un mois bien rempli au Centre Jeunes Kamenge. Les camps d’été pour les jeunes fonctionnent à plein poumon malgré l’ambiance actuelle. Rien ne peut ar- rêter le Centre Jeunes Kamenge dans son élan de grand bâtisseur de paix et de réconciliation. L’énergie de la jeunesse est là, le désir de la population d’avancer ensemble est là et le Centre Jeunes Kamenge est là pour insuffler et soutenir tous ceux qui rêvent d’un Burundi meilleur.
A titre d’exemple, les conséquences de l’engagement des jeunes dans les camps : 16 maisons pourront être construites grâce au camp Démocratie 1 et 23 maisons grâce au camp Démocatie 2. Un engagement qui permet aux familles vulnérables des Quartiers nord de se réinstaller ou bien de s’installer plus conve- nablement.
Par ailleurs, un très grand nombre de visiteurs en provenance de l’hémisphère nord cette année encore. Des italiens surtout, jeunes et moins jeunes qui, eux aussi, s’engagent aux cotés des jeunes burundais. Une confrontation parfois paisible, parfois brutale. Un choc des cultures inévitable mais tellement béné- fique tant pour les uns (du nord) que pour les autres (du sud). Enfin, outre les camps et les tournois sportifs organisés dans les quartiers, le Centre Jeunes Kamenge vous propose une fois de plus, une multitude de concerts. 6 au total, à travers les 6 communes nord de la capitale. Un très bon été et une bonne lecture à vous tous !

Claire

ARC EN CIEL 103

Amis lecteurs bonjour, Une petite réflexion entre nous sur un phénomène qui a trop souvent mis en péril la paix au Burundi : le phénomène de rumeur : Selon Wikipedia.org, le mot rumeur a deux acceptions:

  1. Un bruit informel, persistant et sans source déterminée (rumeur de la foule, du corps, de la mer);
  2. Un phénomène de transmission large d'une histoire à prétention de vérité et de révélation par tout moyen de communication formel ou informel.
Ce second sens, discuté ici, recouvre des réalités très diverses : 
  • les fausses informations, erreurs journalistiques et manoeuvres de désinformation, pourvu qu'elles soient ré-vélées a posteriori et fassent controverse ; 
  • les préjugés, quand ils sont racontés et non seulement assénés;
  • la propagande, quand elle prend appui sur des histoires de vie, des cas exemplaires, des théories globales;
  • certaines formes de théorie du complot,quand la narration importe davantage que la révélation; 
  • la légende contemporaine ou légende urbaine, quand elle perd son côté purement anecdotique et se trouveau centre de controverses, en particulier médiatique.

Soyons conscients que les rumeurs peuvent faire partie de techniques d'influence dans le cadre de straté- gies de diversion. Alors laissez moi vous prodiguer un petit conseil qui pourrait nous aider à préserver la paix au Burundi :croire à la multitude de rumeurs qui circule en ce moment dans le pays, et en particulier dans cette période plus que délicate, veillez à vérifier la véracité de chaque information/rumeur que l’on vous rapporte et si ce n’est pas possible, doutez, restez le plus sceptiques possible. Adoptez cette attitude face à toutes les informations non véri- fiables que l’on vous transmet ; et cela qu’elles concernent le parti politique en lequel vous croyez tout autant que celui que vous ne soutenez pas. Etre partisan, militant, sympathisant d’un parti ne signifie pas être aveugle, sourd, de mauvaise foi, partial, subjectif ou injuste !!! Vous, les différents militants des partis politiques, ne soyez pas ob- tus et bornés, vos leaders ont le devoir de vous écouter puisqu’ils convoitent vos voix, alors servez vous de ce pouvoir pour leur faire retrouver la raison lorsque ces derniers s’égarent dans des bassesses, provocations gratui- tes ou incitation à la haine et à la violence, menaçant ainsi la paix que nous tentons de bâtir ensemble depuis silongtemps.

Analysez prudemment chaque information que vous recevez, n’ayez pas tendance à considérer cha- que rumeur transmise de bouche à oreille comme valable. Vérifiez !!! On dit en ce moment que la Paix au Burundi ne tient plus qu’à un fil. Souvenons-nous alors que ce fil est très long et que chacun d’entre nous en possède un morceau. Alors une fois de plus

Claire

ARC EN CIEL 102

Amis lecteurs bonjour, J’attendais le dernier jour du mois de mai pour la rédaction de cet éditorial tant les choses bougent au Burundi ces der- niers temps. Le premier scrutin des élections a été reporté à deux reprises pour des raisons logistiques, les résultats ont été publiés tardivement, des contestations se font entendre, etc. Promenez vous dans les rues, dans les quartiers, dans les magasins, dans les cabarets et restaurants de la capitale et vous constaterez que pas une conversation ne concerne le déroulement de ce premier scrutin. Certains sont satisfaits, d’autres sont mécontents, certains sont confiants, d’autres ont des doutes, certains acceptent la défaite, d’autres la contestent, etc, etc... Enfin un point positif dans tout cela, c’est que nous autres burundais, nous nous exprimons !!! C’est aussi cela la Démocratie. Le fait de pouvoir penser et s’exprimer à haute voix. Mais attention néanmoins ! Quelle que soit votre appartenance politique, faites attention de ne pas confondre militantisme et fanatisme. Ne tombez pas dans ce piège, n’insultez ou ne maltraitez personne sous prétexte qu’il n’a pas les mêmes convictions politiques que les vôtres. Le militantisme est beau et (a) fait grandir nombre de nations. Au contraire, le fana- tisme est dangereux et n’engendre de manière générale que violences et souffrances. Il n’a jamais amené rien de bon à tous les peuples qui l’ont subi/pratiqué. Le fanatisme d’une population la voue à sa propre perte. Fanatisme religieux, fanatisme politique, fanatisme dans le sport, ne font qu’engendrer la violence et jamais rien de plus....

Claire 

Brochure environnement, Camilla Rota

Notre société est devenue une société de consommation, et plus on consomme, plus le poids des déchets qu’il faut gérer devient lourd .
Regardons nos Quartiers en général et Buterere en particulier : tous les déchets de la ville sont jetés là-bas : les déchets du marché (après avoir siesté quelque semaines à l’extérieur du marché), ils sont envoyés à Buterere ; la Brasserie envoie ses déchets de verres et de bouteilles cassées à Buterere.
Est-ce qu’il existe à Buterere une décharge pour organiser le tri, le recyclage, la destruction des déchets? NON!!! Absolument pas!!!
Les déchets sont simplement envoyés et laissés là-bas, en causant de désagréables odeurs qui rendent la vie de la population difficile, ceci sans compter les problèmes de santé provoqués par les gaz émis à cause de la chaleur, etc.
Ouvrons une petite parenthèse sur le lac Tanganyika, patrimoine du Burundi, de la région de l’Afrique de Grands Lacs et du monde entier.
Nous exploitons ce lac pour… presque tout ici à Bujumbura ! Nous mangeons ses poissons, nous utilisons ses eaux pour boire, laver, arroser, travailler dans les usines… Est ce que nous sommes conscients du danger ? Toutes les formes de pollution ont des répercussions sur ce lac. Les usines (beaucoup) jettent leurs déchets de production directement dans le lac ou dans les rivières qui terminent leur voyage… dans le lac ! Et pas seulement le usines… aussi une grande partie de la population a cette habitude, en étant peut être inconsciente des dangers.
Toutes ces activités polluent ! Et nous ne pouvons pas croire que les poissons qui ont comme milieu ce lac, soient sains et bons pour la santé de l’homme !
Nous ne pouvons pas continuer à croire que les eaux que nous utilisons et qui subissent autant d’agressions ne soient pas nocives pour notre santé!
Réalisé par le groupe « L’environnement aujourd’hui » du Centre
Jeunes Kamenge. Merci à Armand, Bonheur, Bosco, Emmanuel, Eric et Tassien.
Mise en page: Cami Rota

ARC EN CIELN°99

IL CENTRE JEUNES KAMENGE

Le Centre Jeunes Kamenge, a été fondé 1992, est un projet du Diocèse catholique de Bujumbura géré par les Missionnaires Xavériens qui a comme but de préparer de nouvelles générations de jeunes qui sont capables de vivre, de dialoguer ensemble et de ne plus retomber dans la violence autrement dit de ne plus prendre les armes en cas de crise.
Le Centre Jeunes Kamenge a évolué pendant la guerre en colportant également son message dans l’ensemble des Quartiers Nord de Bujumbura, en multipliant ses activités à l’intérieur même des quartiers.
Aujourd’hui, il travaille et vit avec 33.200 jeunes inscrits au Centre et 300.000 habitants des Communes de Kamenge, Kinama, Cibitoke, Ngagara, Buterere et Gihosha.
Ses projets sont au nombre de cinq : Centre Jeunes Kamenge, Paix et Réconciliation Quartiers Nord, Alphabétisation Quartiers Nord, Animation Sida Quartiers Nord et Bureau des Associations Quartiers Nord. Chaque année, plus de 800 activités sont mises en œuvre.
Sa structure se compose comme tel : un responsable nommé par les Missionnaires Xavériens en accord avec l’Evêque, un Comité de pilotage et trois groupes qui se rencontrent régulièrement ou en cas de nécessité (animateurs Quartiers Nord ; animateurs Centre Jeunes Kamenge et ouvriers du Centre).
Avec sa naissance dans les périodes difficiles, avec sa vie pendant la guerre, avec l’expérience que font chaque jour les jeunes, le projet s’est lentement transformé en un mouvement, avec sa propre philosophie de vie, la paix et la réconciliation.
Aujourd’hui, c’est la tristesse qui s’abat sur le Centre puisque les Xavériens veulent donner le Centre au Diocèse alors que ce dernier ne semble pas disposer de tous les atouts nécessaires pour continuer sur la même route.
Le Centre ne veut et ne peut être cédé avec le risque de se perdre ou de perdre l’objectif d’éducation à la paix et d’ouverture qu’il poursuit depuis 19 ans. Et les Quartiers Nord n’ont actuellement pas d’autres forces sur place.
Nous demandons donc avec insistance, la possibilité d’étudier et de mettre en place un lent et prudent processus de passation, ceci avec différentes participations, pour sauver l’expérience passée et toujours en cours, en s’engageant, si la situation actuelle du pays le demande, sur de nouvelles routes. Ceci si l’on considère que la situation et les besoins du pays en terme d’éducation à la Paix et de Réconciliation sont caduques, bien sur.
Nous voudrions réellement sauver les relations étroites et partenariats de longue date que le Centre a avec les 33 communautés religieuses, les 100 écoles secondaires et primaires, les 6 administrations communales, les 460 associations, les 47 clubs stop sida, les 33.200 jeunes, les 67 animateurs et ouvriers salariés et les 40 animateurs bénévoles du Centre, les 6 centres culturels pour les jeunes dans les quartiers et l’ensemble de la population des Quartiers Nord…
Merci à ceux qui accueilleront nos cris…
Claudio et les 33.200 jeunes du Centre.
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